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6/18/2009 Moi Héphaïstos ou Vulcain ou Gérard D., je suis un mytheAprès avoir mené la révolte contre Saturne, mon père Jupiter et ses deux frères se partagèrent l'Univers. Mon oncle Neptune reçut l'Empire des Mers, Pluton les Enfers et mon père se réserva l'Olympe, occupant de ce fait le Palais des Dieux.
Une fois installé sur son trône, il décida de prendre une épouse, et son choix se porta sur Junon : elle accepta et devint la femme du maître de l'Olympe. Je naquis ainsi de leur union et fut appelé Vulcain. Il est à remarquer qu'avec mon frère Mars, nous fûmes les deux seuls enfants légitimes de Jupiter et Junon, nos autres demis frères et sœurs Minerve, Apollon, Diane, Mercure et Bacchus étant tous issus d'unions illégitimes de notre père.
Les chroniques de l'époque disent que j'étais un enfant sain, solide et vigoureux. Cependant j'avais un énorme défaut : contrairement aux habitudes de l'Olympe, j'étais laid, affreusement laid. Mes parents eurent honte de cette tare contraire aux normes de l'esthétique, ils décidèrent que je ne pouvais pas rester dans ce lieu et de me chasser du ciel.
Ils me jetèrent hors de l'Olympe, je tourbillonnai une journée entière dans le ciel pour tomber, à l'heure du coucher de Phébus, sur une petite ile de la mer Egée, Lemnos au large de Troie. Je tombai mal et en touchant le sol me cassai une jambe. Heureusement, de braves femmes habitaient là, elles me recueillirent et me soignèrent, mais ne purent me guérir tout-à-fait et ainsi je restai définitivement boiteux.
Je compensais ce défaut physique par mon intelligence et mon sens artistique. Ayant rencontré un nain forgeron, il m'apprit son métier. Je commençais par fabriquer des colliers, des bijoux, des bracelets : je les offrai en guise de remerciements aux femmes qui m'avaient recueilli et soigné. Je fis de rapides progrès et aimant faire des cadeaux, j'entrepris de fabriquer des articles de qualité que j'offrais aux membres de ma famille et à leurs amis : des flèches pour Apollon et sa sœur Diane, un sceptre en or pour mon père, une faucille pour Cérès ainsi que des armures pour Hercule et Achille. J'entrepris même la construction en série de fauteuils magiques que j'offris à chacun des Dieux, leur permettant ainsi de se rendre par eux-mêmes à leurs assemblées.
Toutes mes actions vinrent logiquement aux oreilles de Jupiter qui se prit à regretter son geste de rejet lors de ma naissance. Il décida d me nommer Dieu du Feu et Maitre des Cyclopes. Après cette nomination, je pouvais enfin revenir dans l'Olympe parmi les miens. Mais lors de mon retour, ils me firent un accueil ironique, même ma mère me reçut avec un air moqueur. Je remerciai mon père de ma nomination et me jetant à ses pieds, je lui demandai l'honneur d'avoir une épouse. Il refusa, prétextant que toutes les déesses étaient déjà mariées.
Bien déçu, je retournai dans mon domaine. Après avoir réfléchi, il me vint une idée et je me mis au travail. Je fabriquai un trône extraordinaire orné de parures magnifiques, et revenu dans l'Olympe, je l'offris à ma mère Junon et retournai chez moi. Junon s'installa sur le trône mais ne put s'en relever, immobilisée par une nuée de fils invisibles ! Elle appela du secours, tous les Dieux accoururent pour la délivrer, mais sans succès. Junon décida de me faire chercher, j'arrivai dans une Olympe bouleversée mais posai mes conditions : je délivrerai ma mère que si j'obtenai la promesse de mon mariage avec une déesse, mais pas n'importe laquelle, la plus belle Vénus. Ma demande fut acceptée et je délivrai ma mère.
En devenant ma femme, Vénus devenait aussi reine du Feu et des Cyclopes, je l'emmenai dans mon royaume. Il faut dire que mon métier avait considérablement progressé, la qualité de mon travail faisait que je recevais des commandes de tous côtés, des Dieux, des demis-Dieux et même des mortels. Mon installation de l'île de Lemnos étant devenue insuffisante, et devant passer du stade artisanal au stade industriel, je pris possession des cavernes de l'Etna, utilisant le cratère du volcan en guise de forge. Je fis appel à des ouvriers spécialisés, une centaine de cyclopes dont le plus célèbre était Polyphème. Ces travailleurs infatigables n'avaient pas, certes , un physique très agréable : d'une taille colossale, avec un corps velu, une barbe hirsute, une chevelure broussailleuse, avec un seul œil au milieu du front caché par d'épais sourcils.
La charmante Vénus, frêle et délicate, ne put supporter cette vie souterraine parmi les brasiers , avec le bruit des forges, des marteaux sur les enclumes et de tels ouvriers...
Elle me trompa avec Mars, mais Apollon jaloux m'en prévint : je tressai alors un immense filet pour capturer les deux amants et conviai tous les Dieux au spectacle. Mais ils moquèrent de moi et furieux je retournai dans mon domaine. De sa rencontre avec Mars, Vénus eut un fils Cupidon et elle me quitta pour se réfugier à Chypre.
J'eus également des démêlés avec Apollon, mon oncle Pluton s'étant plaint des succès médicaux du fils d'Apollon, Esculape, à Jupiter ; ce dernier se servit alors de ma foudre pour frapper et détruire Esculape. Apollon pour se venger prit l'arc et les flèches dont je lui avais fait cadeau pour exterminer mes Cyclopes. Et il fut exilé hors du ciel par Jupiter.
J'étais connu dans tout le monde antique, notamment en Grèce sous le nom d'Héphaïstos, on m' a surnommé aussi le diable boiteux et encore de nos jours j'en porte le nom et les stigmates...
![]() ps/ce texte a été rédigé à l'ancienne, sans aucune aide de recherche sur internet 8/5/2008 MythologieL'anthropologue britannique sir James George Frazer (1er janvier 1854 - 7 mai 1941) est le premier à avoir dressé un inventaire planétaire des mythes et des rites. Les 12 volumes de son Rameau d'or, parus entre 1911 et 1915, décrivent des milliers de faits sociaux et religieux, soit relevés par l'auteur sur le terrain ou dans ses lectures, soit relatés par ses correspondants cosmopolites (diplomates, administrateurs coloniaux, explorateurs, missionnaires). En tentant d'interpréter cette masse de comportements, Frazer fondait — presque inconsciemment — l'anthropologie religieuse et la mythologie comparée...
James Frazer explique dans le premier volume du Rameau d'Or, cette immense fresque des rites de l'humanité, qu'il existait à côté du lac de Nemi, dans les monts Albains, un sanctuaire dédié à Diane où régnait seul un prêtre appelé le Roi des Bois.
Les monts Albains constituent un imposant ensemble de montagnes volcaniques qui se dressent non loin de Rome, le lac de Nemi occupe l'intérieur d'un cratère, environné d'une épaisse végétation. Là se dressait au milieu d'une enceinte sacrée, un temple à colonnades, décoré de marbre et de frises, couvert de tuiles de bronze doré.
Diane n'était pas la seule Divinité de ce temple, qui était, selon Appien, le plus riche d'Italie : on y trouvait également des chapelles de deux déesses égyptiennes, Isis et Bubastis ainsi que pour deux divinités mineures Egérie, nymphe de l'eau claire et Virbius une des personnifications du soleil.
Chaque année à la mi-aout, lors de la fête de Diane, de nombreuses processions y avaient lieu, guirlandes et torches allumées ; Diane y était célébrée en chasseresse, au même titre qu'Artémis dans le temple d'Arcadie, mais également comme bienfaitrice des Humains à qui elle accordait sa fécondité et facilitait les enfantements , les moissons et les récoltes.
Le feu présent dans les torches semblait avoir un grand rôle dans ce culte car un feu sacré perpétuel y était entretenu par des Vestales.
Le lieu fut fréquenté, en plus de la foule des anonymes riches ou pauvres, venus de partout et même d'Asie, par des personnalités telles que les Empereurs César, Auguste, Caligula, Trajan, Adrien et aussi des écrivains comme Ovide et Cicéron.
James Frazer nous explique qu'au milieu du bosquet sacré se dressait un arbre, près duquel on pouvait voir à toute heure du jour et de la nuit un homme qui paraissait embusqué et inquiet. Il tenait à la main pour se défendre un glaive et semblait à tout moment guetter l'arrivée d'un ennemi.
Cet homme était à la fois prêtre et roi. Mais pour en arriver là c'était un meurtrier car, selon la loi du Sanctuaire, quiconque briguait le sacerdoce ne pouvait occuper cette fonction qu'après avoir brisé un rameau de l'arbre sacré et tué son prédécesseur, il devenait alors son successeur et régnait à sa place avec le titre de Roi des Bois. Et devait ensuite en permanence monter sa garde solitaire au milieu des pélerins pacifiques venus accomplir leurs dévotions, attendant un hypothétique ennemi venu le combattre.
Nous trouvons là un rappel de la légende d'Enée qui, sur ordre de la Sybille dut cueillir le Rameau d'Or avant de commencer son voyage dans le pays des morts ; et cette tradition dura jusqu'à la décadence de Rome.
Selon une étude du Collège de France, ce rite approche la question des fondements symboliques du Pouvoir et des rapports entre ce Pouvoir et le Sacré. On retrouve alors les ancienne notions de Roi-magicien, Roi-prêtre et Roi-dieu associant la fécondité de la Terre et celle de l'Homme. Et cette souveraineté puise sa légitimité dans la conjonction entre les forces naturelles et l'ordre social.
(Le Rameau d'Or de James Frazer intégrale en édition Bouquins)
Nemi : le temple de Diane voir image sur
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